10 heures de circulation

Mon dernier article traitait de ma réussite au plateau. Fini les manoeuvres et boucles interminables ! Suite à cette étape, j’entame donc enfin mes cours de circulation. Le détail de chaque heure serait trop long à raconter, je vais donc évoquer les moments clés…

DÉBUTS SUR LA ROUTE

Pour ma première heure de circu, je me suis retrouve avec un gars avec qui je m’étais déjà entraîné au plateau. C* nous donne les consignes de sécurité, nous distribue les gilets fluo et radios puis monte dans sa voiture… Talkie-walkie dans le blouson, oreillette dans le casque, gilet « moto-école » sur les épaules, quelques essais radio et c’est parti ! On allume la moto, on vérifie les éclairages, les voyants du tableau de bord, on règle les rétros, puis direction sortie du plateau en suivant mon coéquipier. Attentif aux consignes dans l’oreillette, je me lance… Ça y est, je suis sur la route !

N’ayant manœuvré que sur le plateau, j’ai eu un peu de mal à tout synchroniser au milieu des automobilistes, piétons indécis, bus stationnés, instructions dans l’oreillette… Et puis les automatismes de 22 ans de permis auto revenaient facilement. L’embrayage à la main et les vitesses au pied me jouaient des tours quand je devais trop réfléchir et je ne savais plus dans quel sens manipuler le sélecteur de vitesses. Au début je ne savais pas non plus comment la moto allait réagir et se pencher dans les virages, du coup j’étais assez hésitant et mes courbes n’étaient pas super belles. Il y a aussi ce fichu bouton des clignotants qui est placé très bas et que j’avais du mal à trouver sans regarder la poignée… Hésitations aussi en entrant dans les giratoires à forte circulation. Mais au final, tout s’est assez bien passé et à l’arrivée j’étais plutôt content !

Durant ma formation, on traverse bon nombre de villes voisines, routes de campagne et autoroutes, au calme et à l’heure de pointe, de jour comme de nuit, au soleil et sous la tempête… La tempête, j’y ai eu droit à ma 2ème heure. La route semblait glissante et le vent poussait les motos sur le côté, pas vraiment rassurant au début ! En même temps, l’avantage d’être formé en hiver, c’est qu’on apprend dans les mauvaises conditions. Froid, vent, pluie, gel, nuit… Au moins, je ne serai plus surpris quand je roulerai seul.

SÉCURITÉ

Bien-sûr, on roule toujours sous l’oeil pédagogue du moniteur, qui n’hésite pas à nous houspiller dans l’oreillette quand on oublie un contrôle de l’angle-mort, ou qu’on n’est pas bien placés sur la route. Il faut être extrêmement vigilants. C* et M* (le second moniteur qui m’a formé quelques heures) nous rappellent sans cesse que tout doit être anticipé. Il faut rouler en mode « parano » pour être en sécurité, prévoir toutes les conneries des automobilistes pressés ou inattentifs qui pourraient nous mettre en danger. Parce que la moto, c’est pas comme la voiture. Si quelqu’un nous touche, on chute… Alors on doit regarder partout, tout le temps, vérifier derrière soi et sur les côtés à chaque changement de direction, accélération ou freinage, ne pas oublier les clignotants, communiquer ses intentions aux autres en se plaçant à gauche ou à droite de la voie, signaler par un appel de feu stop qu’on risque de s’arrêter aux priorités à droite…

AUTOROUTE

Première petite expérience sur l’A31 lors de ma 4ème heure. S’insérer dans le flux des voitures et camions est plutôt stressant au début, même si le moniteur nous guide en temps-réel. Je descends un rapport pour avoir plus de pêche, clignotant à gauche, j’accélère dans la voie d’insertion en essayant de me caler à la bonne vitesse, je vérifie le rétro et l’angle-mort gauche, et j’essaie de me caler entre les voitures. Je dois dire que quand je me suis retrouvé dans la voie d’insertion et que les voitures et camions passaient à côté, je me sentais quand-même un peu petit !

La 7ème heure sera celle du vrai baptême d’autoroute, d’Hayange à Flévy avec retour de nuit. Cette fois il est question d’atteindre les 110 km/h et de dépasser les véhicules. La pression de l’air sur le corps se fait vraiment forte. Du coup, pour ne pas avoir la tête poussée en arrière, je me penche en avant. Là où je vais être le plus surpris, c’est lors de mon premier dépassement. J’entends C* me dire dans l’oreillette : « Ça n’avance pas devant, alors rétro et angle mort, clignotant, et tu dépasses… ». Au moment où je tourne la tête sur le côté pour vérifier l’angle mort, le vent pousse ma tête fortement, je ne m’attendais pas à ça ! Ensuite ça se passera plutôt bien, même si l’autoroute est globalement ennuyante à moto…

IMPRESSIONS

Heure après heure, je me sens de plus en plus en confiance. Certains automatismes se mettent en place, j’ai moins de besoin de réfléchir à chaque commande. En revanche je suis tête en l’air et dans certaines situations stressantes, j’ai tendance à vite oublier ce qu’on m’a dit 10 secondes plus tôt… Quand C* murmure à l’oreillette : « Conduite autonome Christophe, tu nous emmènes à Trieux », il suffit que mon attention soit focalisée sur une circulation un peu trop chargée pour que je ne sache plus là où on devait se rendre… Lors de l’examen il y a une partie conduite autonome où on doit suivre une direction sous l’oeil de l’inspecteur, et j’ai pas envie de me gourer !

Mis à part ça, les routes de campagne sont un vrai régal, après 10 heures de circulation je commence à vraiment m’habituer aux sensations. On a beau apprendre sur des motos de moyenne cylindrée, le coup de pied au fesses dès qu’on tourne la poignée des gaz n’a rien de comparable à l’accélération qu’on connaît dans nos voitures… Et puis quand on commence à mieux appréhender les courbes, le ressenti est juste génial…

* : le nom est volontairement masqué

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